New York City serenade

Il y a tout juste dix ans, arrivée à New York.

Sentiment dérangeant d’être au centre du monde devant le trou béant laissé deux ans plus tôt par les tours jumelles. Trouver que ça sent encore la fumée. Découvrir ébahie le campus de Columbia University et sa bibliothèque ouverte 24h/24. La Sorbonne n’a qu’à bien se tenir. Mesurer sa chance d’être là. Premier footing dans Central Park, autour du Reservoir se prendre pour Dustin Hoffman dans Marathon man. Marcher sans cesse dans cette « ville debout » en pensant à Bardamu. Travailler l’accent new yorkais, ne pas bien y arriver. Trouver un boulot. Dix dollars de l’heure au black dans un restaurant français : « Change rien à l’accent, si y’a un contrôle, tu te caches dans le cellier avec les cuistots mexicains. » Faire semblant d’écouter les histoires tordues du roomate sur la 108th. Apprendre l’expression « to have a crush on somebody » et effectivement tomber sous le charme d’un étudiant en cinéma. Ne pas aimer son premier court-métrage, le lui dire dans un anglais balbutiant. L’impression que je vais croiser Woody Allen à chaque coin de rue. Impression qui ne faiblira pas avec les mois. Repenser souvent depuis dix ans à la scène finale de Manhattan, musique de Gershwin comprise : Why is life worth living ?

[Le titre de ce billet est aussi celui d’une chanson de Bruce Springsteen.]

Photo : Marylin Monroe photographiée à New York par Ed Feingersh en 1955

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