Dernières nuances de l’Inde / 1

5 janvier 2013 – Aéroport de Bengalore

Dernières nuances de l’Inde, en vrac, en escale, et juste avant de rentrer.

Je n’ai pas évoqué la pauvreté proverbiale de cet immense pays, qui saute au visage, qui remue et interroge. Pauvreté dont je sais depuis le Niger qu’on ne doit pas se sentir coupable. Et pourtant…

Sur ce visage-là de l’Inde je ne saurais trop m’étendre, mais il y a des avancées, il y a des volontés, il y a l’énergie du désespoir. Et puis, il y a l’âpreté de la misère que viennent toujours contrebalancer un sourire, un sari chatoyant, la générosité d’un co-passager qui paye la course du rickshaw, « my pleasure », la petite main d’un enfant qui se glisse dans la mienne sans prévenir dans une ruelle de Jodphur :

« Hello, where are you from ?

– Mon petit chou tout crapouillou, je viens d’un pays où les enfants sont propres comme des sous neufs et reçoivent des consoles de jeux à Noël, un pays où ils vont à l’école et apprennent à lire pour ensuite avoir un métier et venir un jour visiter ton beau pays à toi où il y a trop de monde et pas de quoi te permettre d’être propre et de t’instruire. Mais tu vois, tu as le même sourire que les enfants de mon pays, car il y a bien une chose universelle, c’est la candeur de l’enfance, vois-tu, et cette façon que tu as de t’amuser d’un rien, comme là lorsque tu éclates de rire en me voyant trébucher. Et maintenant, vas moucher ce nez ! »

L’Inde est définitivement le paradis du photographe. Couleurs, contrastes, atmosphères. Mais surtout multiples visages, grâce des femmes, hommes enturbanés, beauté stupéfiante des enfants.

Après le « think positive » du premier jour à Delhi, d’autres phrases-mantra sont venus nourrir l’occidentale en mal de leçons de vie. Ainsi, alors que la patronne d’une guest house finit enfin par accepter « my very last price » et devant mon sourire de touriste satisfaite de sa négo, la femme dit d’une jolie voix posée : « You know, if you are happy, God is happy, so everything is fine. » Comment vous dire ? J’aurais voulu disparaître et j’ai finalement donné les 200 roupies (2,80 €) discutés si ardemment.

Plus loin sur la route, alors que je doutais une nouvelle fois de la confiance à accorder (revoir chapitre 1, think positive, cette fille ne retient donc rien !) : « Matilda, when you throw up a baby in the air, he is still laughing because he is confident that someone will catch him. You should be more confident in life. »

Hum, il a fait trop d’offrandes à Ganesh ou c’est moi qui n’avais pas les chakras bien ouverts ?

Photo : La candeur de l’enfance – Jodhpur – décembre 2012

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